Jun 7, 2006 | Communiqués de presse, Nouvelles
Le ComitĂ© dâEminents Juristes sur le terrorisme, la lutte contre le terrorisme et les droits de lâHomme conclut aujourdâhui son audience sous-rĂ©gionale au Maroc.
Le ComitĂ© est un groupe indĂ©pendant composĂ© de huit juristes nommĂ©s par la Commission internationale de juristes (CIJ) pour examiner lâimpact global du terrorisme et des mesures anti-terroristes sur lâĂ©tat de droit et les droits de lâHomme.
Pendant sa visite, le ComitĂ© a tenu une audience sous-rĂ©gionale sur le terrorisme et les droits de lâHomme Ă Rabat, sous les auspices de lâOrganisation Marocaine des Droits Humains (OMDH), une organisation affiliĂ©e Ă la CIJ.
Cette audience est la sixiĂšme dâune sĂ©rie dâaudiences qui sont cĂ©lĂ©brĂ©es cette annĂ©e dans diffĂ©rents pays dans toutes les rĂ©gions du monde. Le ComitĂ© a dĂ©jĂ tenu des audiences en Colombie, en Afrique de lâEst, en Australie et au Royaume-Uni, y compris en Irlande du Nord.
La prochaine audience aura lieu aux Etats-Unis au mois de septembre prochain.
Maghreb-meeting eminent jurists panel-press release-2006-fra (Communiqué de presse complet en PDF)
May 31, 2006 | Communiqués de presse, Nouvelles
La CIJ considĂšre que le harcĂšlement rĂ©pĂ©tĂ© des autoritĂ©s tunisiennes Ă l’Ă©gard de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), son affiliĂ©, constitue une atteinte inacceptable Ă ses activitĂ©s lĂ©gitimes.Â
Le blocus et les abus policiers ont empĂȘchĂ©, le 28 mai, la tenue du CongrĂšs national de la LTDH, rappelle la CIJ.
La LTDH avait initialement prévu de tenir son 6Úme CongrÚs national du 9 au 11 septembre 2005, mais le Tribunal de premiÚre instance de Tunis lui avait ordonné en référé de suspendre ses assises ainsi que tous les travaux préparatoires.
DĂ©jĂ Ă cette occasion, la CIJ avait condamnĂ© la dĂ©cision du Tribunal comme contraire Ă la DĂ©claration sur les DĂ©fenseurs des Droits de l’Homme de l’ONU qui consacre le droit de chacun, individuellement ou collectivement, de « promouvoir la protection et la rĂ©alisation des droits de l’homme et des libertĂ©s fondamentales » et de « se rĂ©unir et se rassembler pacifiquement ».
La LTDH avait dĂ©cidĂ© de reporter son CongrĂšs aux 27 et 28 mai, mais les autoritĂ©s tunisiennes ont dĂ©ployĂ© un dispositif policier d’envergure afin d’empĂȘcher l’accĂšs des participants Ă la rĂ©union, allant mĂȘme jusqu’Ă bloquer certaines routes pour refouler des membres des comitĂ©s de section locales qui se rendaient au siĂšge de la LTDH Ă Tunis.
Les forces de l’ordre ont bloquĂ© l’accĂšs au bureau central de la Ligue Ă des diplomates Ă©trangers et autres invitĂ©s, dont des ligues affiliĂ©es Ă la FIDH, par exemple l’Association Marocaine des Droits de l’Homme et l’Organisation Marocaine des Droits Humains, cette derniĂšre Ă©galement affiliĂ©e Ă la CIJ. Seuls les membres du ComitĂ© directeur ont pu se rĂ©unir, mais certains d’entre eux ont Ă©tĂ© agressĂ©s et insultĂ©s par des policiers.
« Les ressources considĂ©rables dĂ©ployĂ©es par les autoritĂ©s tunisiennes pour museler le congrĂšs annuel d’une des plus anciennes organisations de dĂ©fense des droits de l’homme dans la rĂ©gion reflĂštent le mĂ©pris croissant de la Tunisie pour les droits de l’homme, et notamment le droit fondamental Ă la libertĂ© d’opinion, d’expression et d’association », a soulignĂ© la CIJ.
Ces incidents interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités et le monde judiciaire tunisiens.
A la suite de l’adoption d’une nouvelle loi par le Parlement le 9 mai crĂ©ant un Institut supĂ©rieur du barreau, plusieurs avocats qui participaient Ă un sit-in pour dĂ©noncer cette loi ont Ă©tĂ© agressĂ©s physiquement par la police.
Quelques jours plus tard, le 23 mai, des avocats qui protestaient devant le Palais de Justice contre cette mĂȘme loi qui, d’aprĂšs eux, « porte atteinte Ă l’indĂ©pendance de la profession, le barreau ne jouant aucun rĂŽle dans cette Ă©cole », ont Ă©tĂ© tabassĂ©s par la police.
La CIJ constate que les autoritĂ©s tunisiennes, loin de garantir la protection des avocats et de s’assurer que ces derniers puissent “s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcĂšlement ni ingĂ©rence indue” comme l’exigent les Principes de base relatifs au rĂŽle du barreau de l’ONU, sont au contraire celles-lĂ mĂȘmes qui matraquent, rĂ©priment ou mĂȘme dĂ©tiennent des avocats en prison, tel MaĂźtre Abbou.
« Il est paradoxal de constater que la Tunisie, Ă peine Ă©lue membre du tout nouveau Conseil des Droits de l’Homme et qui se targue d’avoir ‘mis en Ćuvre un cadre juridique complet afin d’Ă©viter toute violation des droits de l’homme’, intensifie sa rĂ©pression Ă l’Ă©gard des dĂ©fenseurs des droits de l’homme et des principes d’une justice indĂ©pendante », a relevĂ© l’organisation.
Elle appelle les autoritĂ©s tunisiennes Ă respecter les droits de l’homme fondamentaux et notamment les engagements qu’elles ont pris au moment de leur Ă©lection au Conseil, ainsi qu’Ă cesser tout harcĂšlement des dĂ©fenseurs des droits de l’homme et des professionnels de la justice.
Alors que le Tribunal devrait statuer sur le fond le 3 juin 2006, la CIJ demande l’annulation dĂ©finitive de toute procĂ©dure judiciaire Ă l’encontre de son affiliĂ©.
Tunisia-repression affiliate-press release-FRE-2006
May 23, 2006 | Communiqués de presse, Nouvelles
Le Jury du Prix Martin Ennals pour les DĂ©fenseurs des Droits de lâHomme (MEA) a annonce aujourdâhui Ă Atlanta que les laurĂ©ats 2006 sont Akbar Ganji dâIran et Arnold Tsunga du Zimbabwe.
Akbar Ganji est un journaliste dâinvestigation, devenu militant, emprisonnĂ© pendant six ans pour âavoir recueilli des informations confidentielles dommageables Ă la sĂ©curitĂ© nationaleâ.
En dĂ©pit des tortures subies, il a refusĂ© obstinĂ©ment de renoncer aux principes de la dĂ©mocratie et des droits de la personne pour tous les Iraniens; il est en libertĂ© conditionnelle depuis le mois dernier, aprĂšs avoir accompli sa peine de prison. Arnold Tsunga est un Ă©minent avocat, PrĂ©sident du Zimbabwe Lawyers for Human Rights, qui continue Ă dĂ©fendre ceux de ses compatriotes qui ne peuvent pas sâexprimer en raison de la rĂ©pression.
Parce quâil plaide pour les victimes des violations des droits de la personne, il est constamment harcelĂ© et menacĂ©. Il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă plusieurs reprises et remis rĂ©cemment en libertĂ© sous caution. Lors de lâannonce des laurĂ©ats, Ă lâouverture du Human Rights Defenders Policy Forum au centre Carter, le PrĂ©sident du Prix Martin Ennals, Hans Thoolen, les a dĂ©cris ainsi: âIls sont les symboles du mouvement des droits de la personne dans leur pays respectif, oĂč soutenir ces droits fondamentaux et la dĂ©mocratie est une activitĂ© dangereuse.â
Les onze organisations du Jury font donc appel aux Gouvernements dâIran et du Zimbabwe pour quâils assurent la sĂ©curitĂ© des laurĂ©ats et leurs permettent de travailler sans ĂȘtre intimidĂ©s et harcelĂ©s. La cĂ©rĂ©monie du Prix Martin Ennals aura lieu Ă GenĂšve le 12 octobre prochain. MEA: le principal prix du mouvement des droits de la personne.
Le Prix Martin Ennals est une collaboration unique entre onze des plus importantes organisations internationales des droits de la personne ayant comme objectif de fournir une protection aux dĂ©fenseurs en la matiĂšre. Les membres du Jury sont: Amnesty International, Human Rights Watch, Human Rights First, FĂ©dĂ©ration Internationale des Droits de lâHomme, Organisation Mondiale Contre la Torture, Service International des Droits de lâHomme, Front Line, Commission Internationale des Juristes, Diakonie Allemagne; International Alert et Huridocs.
Les lauréats des années précédentes: Aktham Naisse, Syrie (2005); Lida Yusupova, Russie; Alirio Uribe Muñoz, Colombie; Jacqueline Moudeina, Tchad; Peace Brigades International; Immaculée Birhaheka, RD Congo; Natasha Kandic, Yougoslavie; Eyad El Sarraj, Palestine; Samuel Ruiz, Mexique; Clement Nwankwo, Nigeria; Asma Jahangir, Pakistan; Harry Wu, Chine. Personnalités qui soutiennent le Prix Martin Ennals: Asma Jahangir, Barbara Hendricks, José Ramos-Horta, Adama Dieng, Leandro Despouy, Robert Fulghum et Theo van Boven.
Iran-Zimbabwe-Martin Ennals Award-press release-2006-fra (Texte complet en PDF)
Mar 20, 2006 | Articles, Nouvelles
La section suisse de la CIJ a demandé au Conseil fédéral de manifester publiquement son soutien au Secrétaire général des Nations Unies qui appelle à fermer le camp de détention de Guantanamo.
Elle attend que le mandat constitutionnel de contribution au respect des droits de l’Homme par le biais de la politique Ă©trangĂšre de la Suisse soit respectĂ©.
La section a remarquĂ© avec un certain Ă©tonnement que l’importance des droits de l’homme dans le cadre de la politique Ă©trangĂšre de la Suisse est controversĂ©e mĂȘme auprĂšs des reprĂ©sentant(e)s des autoritĂ©s. Cela ressort notamment des discussions qui ont eu lieu au sujet de l’enquĂȘte sur les activitĂ©s des services secrets amĂ©ricains sur le territoire suisse.
La Commission internationale des juristes (International Commission of Jurists – ICJ) est une organisation non-gouvernementale domiciliĂ©e Ă GenĂšve. Depuis sa fondation en 1952, elle poursuit l’objectif d’assurer le respect des droits de l’Homme dans le monde par le biais de la garantie du principe de l’Etat de droit. La section suisse (ICJ-CH) contribue Ă la rĂ©alisation de cet objectif sur le plan international comme au plan interne.
Mar 16, 2006 | Communiqués de presse, Nouvelles
La Commission internationale de juristes (CIJ) demande le retrait immĂ©diat et inconditionnel du chef d’inculpation formulĂ© Ă l’encontre de l’avocat Dr Mugraby et l’annulation dĂ©finitive de son procĂšs, prĂ©vu pour le 20 mars 2006. L’organisation a saisi les ministres de la justice et de la dĂ©fense pour mettre un terme immĂ©diat Ă cette grave dĂ©rive.
L’avocat Dr Mugraby a Ă©tĂ© inculpĂ© de « diffamation de l’institution militaire et de ses officiers» en relation avec les propos qu’il a tenus devant la dĂ©lĂ©gation des pays du Mashrek du Parlement europĂ©en le 4 novembre 2003 Ă Bruxelles.
Dans son intervention, le Dr Mugraby a critiquĂ© le systĂšme judiciaire libanais, et notamment les cours militaires, le recours Ă la torture et l’instrumentalisation, par les autoritĂ©s libanaises, des tribunaux militaires et civils afin de rĂ©duire au silence les voix dissidentes.
Ce chef d’accusation constitue une violation flagrante des obligations internationales du Liban relatives au droit Ă la libertĂ© d’opinion et d’expression, consacrĂ© non seulement dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 19) et les Principes de base relatifs au rĂŽle du barreau (Principe 23), mais Ă©galement dans la constitution libanaise elle-mĂȘme.
« La critique fait partie intĂ©grante du droit Ă la libertĂ© d’opinion et d’expression et ne saurait ĂȘtre pĂ©nalisĂ©e en aucuns cas » a soulignĂ© la CIJ.
D’autre part, la tenue de ce procĂšs devant une cour militaire est non seulement incompatible avec le principe gĂ©nĂ©ral de la non-comparution de civils devant des juridictions militaires, mais elle bafoue Ă©galement les injonctions du ComitĂ© des droits de l’homme qui avait dĂ©jĂ appelĂ© les autoritĂ©s libanaises en 1997 Ă ne plus traduire en justice des civils devant ces juridictions.
«Il est consternant de constater que plus de neuf ans aprĂšs cette recommandation par un organe de l’ONU, le gouvernement libanais persiste Ă poursuivre des civils devant des tribunaux relevant de l’autoritĂ© militaire », a ajoutĂ© la CIJ.
Pour la CIJ, « ce procĂšs devant une cour militaire constitue une aberration et ce chef d’inculpation une violation grave d’un droit fondamental. »
Le cas du Dr Mugraby, un avocat rĂ©putĂ© pour sa dĂ©fense des victimes de violations des droits de l’homme, est bien connu de la CIJ, qui a suivi depuis plusieurs annĂ©es les nombreuses procĂ©dures judiciaires dont il a fait l’objet.
En octobre 2003, la CIJ avait notamment déjà assisté à son procÚs et avait conclu que ce dernier ne respectait pas les normes internationales de procÚs équitables.
« L’inculpation pour ‘diffamation’ n’est que la derniĂšre forme de harcĂšlement Ă l’encontre du Dr Mugraby afin d’entraver son travail d’avocat, et doit cesser dĂ©finitivement», a conclu l’organisation.
Lebanon-trail mugraby-press release-2006-fra (Texte complet en PDF)
Feb 13, 2006 | Articles, Nouvelles
Le Jury du Prix Martin Ennals pour les DĂ©fenseurs des Droits de l’Homme (MEA) a annoncĂ© aujourd’hui que les 4 nominĂ©s au Prix 2006 sont les suivants:
Akbar Ganji (Iran)
Akbar Ganji est en prison pour avoir exprimĂ© publiquement ses opinions en faveur des rĂ©formes dĂ©mocratiques et pour avoir dĂ©noncĂ© des crimes d’Etat. Il a Ă©tĂ© torturĂ© et maltraitĂ©. Depuis 2000 il a Ă©tĂ© inculpĂ© « d’atteinte Ă la sĂ©curitĂ© nationale et de propagande contre les institutions de l’Etat islamique ». Certains considĂšrent que sa vie est en danger.
Arnold Tsunga (Zimbabwe)
Arnold Tsunga a dĂ©fendu les victimes d’abus en matiĂšre des droits humains et a menĂ© campagne pour un plus grand respect des droits de l’Homme ; il a dĂ©noncĂ© Ă maintes reprises le systĂšme de justice antidĂ©mocratique. Il a Ă©tĂ© menacĂ©, arrĂȘtĂ© et est constamment harcelĂ©.
Golden Misabiko (RD Congo)
Golden Misabiko a dĂ©noncĂ© pendant les derniers 20 ans les violations des droits humains dans son pays. Il a Ă©tĂ© torturĂ© en 2001 et, en raison de menaces de mort, il a du s’exiler en 2001. Il est rentrĂ© dans son pays en 2005 et depuis il a Ă©tĂ© arrĂȘte Ă plusieurs reprises et constamment harcelĂ©.
Jennifer Williams (Zimbabwe)
Jennifer Williams, un des leaders de WOZA (Women of Zimbabwe Arise), continue Ă organiser et Ă diriger des manifestations pacifiques de protestation contre la dĂ©gradation de la situation des droits des droits de l’Homme, malgrĂ© qu’elle ait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e et battue par la police.
Le Jury a dĂ©cidĂ© qu’Ă l’avenir, les noms des nominĂ©s seront publiĂ©s parce qu’ils ont tous urgemment besoin de protection. Les quatre dĂ©fenseurs ont Ă©tĂ© retenus par les dix organisations des droits de l’Homme qui forment le Jury aprĂšs une sĂ©lection minutieuse. Le 23 mai prochain, le Jury annoncera le laurĂ©at final du MEA Ă l’occasion d’une confĂ©rence dans le Centre Carter Ă Atlanta (Etats-Unis).
Les membres du Jury sont: Amnesty International, la Commission internationale de juristes, Diakonie Allemagne, la FĂ©dĂ©ration internationale des droits de l’Homme, Human Rights First, Human Rights Watch, HURIDOCS, International Alert, l’Organisation mondiale contre la torture, le Service international pour les droits de l’Homme.