Apr 22, 2020 | News
In a joint letter to EU Member States, the ICJ and other human rights NGOs have urged them to recognize the grave implications for human rights and the rule of law, of the Hungarian government’s recent emergency measures.
Ahead of the Council of the EU videoconference of EU Affairs Ministers to discuss the response to COVID-19, Amnesty International, International Federation for Human Rights (FIDH), Human Rights Watch, the ICJ, Open Society European Policy Institute and Reporters Without Borders (RSF) urged the Council to take immediate steps to protect the principles enshrined in Article 2 of the Treaty on European Union (TEU), and the rights enshrined in the EU Charter of Fundamental Rights. This is particularly needed in light of the already deteriorated state of the rule of law and human rights in Hungary, which warranted the activation, in September 2018, of the procedure laid down in Article 7.1 TEU.
The organisations urged the member states of the European Union to:
- include in the agenda of the upcoming session of the EU General Affairs Council an Article 7.1 TEU hearing on the situation in Hungary, including recent developments in relation to the COVID-19 outbreak, and address to the government of Hungary, as a matter of urgency, concrete recommendations to safeguard respect for the rule of law and human rights in the country, that the Hungarian government must implement by a set deadline;
- commit to assessing the implementation of the recommendations in a timely manner in order to reach a determination under Article 7.1 TEU and, should conditions warrant it, move forward under Article 7.2 TEU.
- ensure enhanced monitoring of the Hungarian government’s use of EU funding, including funds aimed at supporting member states during the public health crisis.
The organisations urged both the Council and the Commission to cooperate with each other, and with the European Parliament and national parliaments, to ensure a coordinated, consistent and effective response to the situation.
The full letter is available here: CSO Letter to GAC -rule of law in Hungary April 2020
Apr 20, 2020
On 16 April 2020, the ICJ and other NGOs submitted a third-party intervention to the European Court of Human Rights in the case Lapunov v. Russia (Application No. 28834/19). It concerns a Russian man, who argues that he was tortured during a crackdown on LGBTI people in Chechnya.
He alleges that his case was not properly investigated by Russian authorities.
In its submissions to the Court the ICJ, the European Region of the International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ILGA-Europe), the Advice on Individual Rights in Europe (The AIRE Centre), Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH) and REDRESS argued that the identity of the victim of violence as an LGBTI person should be taken into account in the assessment of any violations of Article 3 of the European Convention on Human Rights.
The submission can be found here: Russia-Lapunov v Russia-Advocacy-Legal submissions-2020-ENG
Apr 17, 2020 | Articles, Nouvelles
Un article de Martine Comte, Commissaire française de la CIJ.
En France, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19, la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 a introduit de nouvelles dispositions en matière pénale et a habilité le gouvernement à adapter notamment, par ordonnance, compte tenu des circonstances, diverses règles de procédure pénale.
Ce texte a notamment prévu « d’adapter les règles relatives au déroulement et à la durée des détentions provisoires pour permettre l’allongement des délais au cours de l’instruction et en matière d’audiencement, pour une durée proportionnée à celle de droit commun (…) et la prolongation de ces mesures au vu des seules réquisitions écrites du parquet et des observations écrites du prévenu et de son avocat ».
Dans ce cadre, l’article 16 de l’ordonnance n° 2020-303 du 25 mars 2020 a prorogé de plein droit les délais maximums de détention provisoire d ‘une durée de 2, 3 ou 6 mois selon la peine encourue.
Ce texte, combiné aux dispositions de la loi d’habilitation, a donné lieu à deux interprétations divergentes :
– La première, contenue dans la circulaire du ministère de la Justice en date du 26 mars 2020, complétée par une réponse faite à la conférence des premiers présidents de cours d’appel, considère que la notion de délais maximum n’est pas « entendue comme s’appliquant à la durée totale cumulée de détention, mais à la durée du titre de détention en cours ».
Prenons l’exemple d’une instruction en matière criminelle, qui autorise en temps normal la détention provisoire pour une durée de 1 an, renouvelable à deux reprises pour une durée de 6 mois, soit une durée maximale de 2 ans. Dans ce cas, chaque prorogation ne peut être ordonnée que par un juge après débat contradictoire avec avocat.
Ainsi, les prolongations de la détention initiale ordonnée en février 2020 donneraient lieu à débat contradictoire devant un juge en février 2021, puis en août 2021 pour se terminer au plus tard en février 2022 (soit 2 débats contradictoires).
Dans cet exemple, si l’on applique la prolongation de détention prévue par la loi du 25 mars 2020 de 6 mois, une personne placée en détention provisoire au mois de février 2020 serait privée de débat contradictoire devant un juge jusqu’en août 2021, au lieu de février 2021, et aurait droit à un débat contradictoire sur la prolongation en février 2022, la durée maximale de détention prenant fin en août 2022 (soit 2 débats de prolongation).
– La seconde, partagée par différentes associations et syndicats, considère que l’allongement prévu ne s’applique qu’à l’issue des délais maximums de détention, c’est à dire à la fin de la durée totale maximale (ou durée plafond) de cette détention et que la loi d’habilitation ne peut avoir pour effet de priver le détenu de son droit à un débat contradictoire à chaque prolongation.
Si l’on prend le même exemple, avec application de la loi du 25 mars 2020, une personne placée en détention provisoire au mois de février 2020 verrait sa situation examinée dès février 2021, puis en août 2021. Le délai plafond de la détention provisoire étant de 2 ans, il appartiendrait dès lors au juge compétent, en février 2022, s’il en était besoin, de statuer sur la prolongation exceptionnelle de 6 mois, soit jusqu’à août 2022 (soit 3 débats).
C’est dans ce cadre que le Conseil d’Etat a été saisi et a, par décision du 3 avril 2020, rejeté les recours formés pour obtenir la suspension des dispositions des articles 16, 17 et 18 de l’ordonnance du 25 mars 2020 et /ou de l’exécution de la circulaire susvisée, et a implicitement entériné la position du Ministère de la Justice.
Les conséquences de cette décision posent le problème du nécessaire équilibre entre les droits fondamentaux de la personne détenue et les difficultés des juridictions confrontées à la crise sanitaire.
En effet, la prorogation systématique du titre de détention en cours prive les détenus de la possibilité, prévue par le code de procédure pénale, de voir leur situation examinée par un juge à la fin de la durée de ce titre de détention dans le cadre d’un débat contradictoire, avec l’assistance d’un avocat.
Le fait que les détenus ou le ministère public puissent saisir le juge d’une demande de mise en liberté ne peut être de nature à remédier à cette modification substantielle des droits des personnes en détention provisoire, dans la mesure où on ne peut remplacer par une demande, toujours aléatoire et conditionnée par de multiples éléments, un droit fondamental à bénéficier d’un examen de la prolongation de détention dans le cadre d’un débat contradictoire devant un juge.
Par ailleurs, la possibilité d’utiliser l’écrit, ou la visioconférence, développée dans le cadre des mesures de lutte contre l’épidémie, permettent de garantir la sécurité de tous, détenus comme magistrats ou avocats.
Il convient également d’insister sur le fait que les investigations menées dans le cadre de l’instruction sont extrêmement perturbées, eu égard aux difficultés engendrées par le confinement, ce qui renforce la nécessité d’un examen contradictoire de la situation des détenus, aux échéances « normales » au regard notamment des conditions de détention et de propagation du virus.
Enfin, le dispositif, tel qu’il résulte de la loi du 25 mars 2020 et de la circulaire d’interprétation n’est, me semble-t-il, pas conforme aux articles 5 et 6 de la convention européenne des droits de l’homme, et à l’article 9 et 14 de la Pacte International relatif aux droits civils et politiques, dans la mesure où il restreint considérablement le contrôle effectif de cette privation de liberté par un juge indépendant, dans le cadre d’un débat contradictoire et avec l’assistance d’un avocat.
Il revient maintenant à la cour de cassation, et, peut-être à la CEDH, de trancher ce débat, au risque que le Covid-19, s’il porte une atteinte dramatique à la vie, à la santé et aux conditions de vie, actuelles et futures, des personnes, n’ait aussi pour conséquence une atteinte disproportionnée aux droits et libertés fondamentales.
Apr 14, 2020 | Адвокаси, Краткий анализ
В то время как судебные органы по всему миру стремительно ограничивают и сокращают свою деятельности перед лицом пандемии COVID-19, МКЮ публикует соответствующие рекомендации с точки зрения прав человека и верховенства права.
В информационной записке излагается особая и основополагающая роль судов в международном праве в области прав человека, в том числе, в чрезвычайных ситуациях, перед тем как будут рассмотрены такие ключевые вопросы, как приостановление «несрочных» дел, изменения в порядке слушаний, включая использование видео-конференц-связи и устранение последствий практики откладывания дел.
В заключение документ кратко излагает соображения о том, что судьи вынуждены принимать более высокую степень терпимости к риску, чем те, та, что может быть применима в случае некоторых других профессий или государственных учреждения, что обусловлено основополагающей ролью судебной власти в обеспечении прав человека и верховенства права.
Universal-ICJ courts covid-Advocacy-Analysis brief-2020-RUS (PDF)